Auteur : Thremendous
Traductrice : Moonkissed
L’effervescence de la Danse des Deux Immortels s’apaisa peu à peu lorsque la lune atteignit son zénith, et l’événement toucha lentement à sa fin.
— C’était difficile, mais assez agréable.
dit Buk Hyang-hwa avec un léger sourire, en s’essuyant la sueur.
— Je suis content que cela vous ait plu.
Après la fête, je n’ai cessé de répéter les pas et les mouvements que j’avais exécutés, et je répondis ainsi.
— Mais… que faites-vous, Daoïste Seo ?
— Oh, d’une manière ou d’une autre, ce pas de danse…
Boum, boum, boum !
Je pivote plusieurs fois, tirant des mouvements cachés de la chorégraphie.
— …il ressemble à une technique de lance.
Bang !
J’enveloppa ma main d’un Gang Qi dans le vide, et, en la projetant, la technique de lance dissimulée dans la danse se matérialisa dans ma paume.
‘Cette technique de lance cherche l’intégrité d’une unité offense–défense…’
Les principes martiaux de la lance se fondirent naturellement dans la danse, ce qui me permit de les saisir en exécutant la Danse des Deux Immortels.
Cela fait des centaines d’années que je pratiquai les arts martiaux.
Je pouvais comprendre aisément les principes sous-jacents et la logique martiale des arts en dessous d’un certain niveau.
J’exécuta la technique de lance plusieurs fois, essayant de la reconstituer entièrement.
‘C’est une technique de lance remarquable. Elle n’égale pas tout à fait les Vingt-Quatre Mouvements de l’Art de l’Épée Tranche-Montagne améliorés par Kim Young-hoon, mais elle est certainement comparable aux Douze Mouvements de l’Art Tranche-Montagne qu’il a créés pour moi à l’époque.’
Après avoir tenté de restaurer la technique, je tourna le regard vers Buk Hyang-hwa, qui m’observait avec curiosité.
— Il me semble avoir vu ça à la Cité de Cheon-saek ? C’est ça, des “arts martiaux” ?
— Oui, c’est une technique d’autodéfense pratiquée par les mortels. Elle est jugée dérisoire par les cultivateurs, mais si on la porte à son comble…
Fouff !
Je démontrai l’Épée Sans-Forme.
— …on peut atteindre un tel niveau.
Zoum !
L’Épée Sans-Forme fila en tous sens, abattant les créatures qui tentaient d’envahir le village.
— Ah, alors la technique que vous possédez, Daoïste Seo, était à l’origine un art martial.
— Eh bien, pas “à l’origine”. C’en est encore un…
En vérité, l’appeler art martial est un euphémisme, vu sa puissance actuelle.
— Quoi qu’il en soit…
Je manifesta de nouveau l’Épée Sans-Forme.
— Je vous ai montré ça pour que, si Mademoiselle Buk souhaite créer un artefact magique, vous puissiez vous y référer.
— Oh, vous étiez jusqu’ici plutôt négatif. Auriez-vous changé d’avis ?
— Tout à coup, je me suis dit que ce ne serait pas mal qu’il existe aussi un artefact utilisable par les artistes martiaux.
— Ah, je vois.
Elle sourit malicieusement.
— Mais que faire ? Je comptais fabriquer un artefact magique adapté à Daoïste Seo, pas aux artistes martiaux.
— Eh bien, une fois qu’il sera terminé, nous verrons cela à ce moment-là.
J’acquiesça sans difficulté.
‘Maintenant qu’elle sait que je suis un artiste martial, un artefact adapté finira bien par voir le jour.’
— Alors, puisque nous nous sommes bien amusés à la fête, passons au travail ?
Boum !
Elle sortit l’atelier portatif de son dispositif de stockage et y entra.
Il semble qu’elle s’apprêtait à créer l’artefact protecteur du village.
Clang, clang, clang !
Les bruits de marteau retentirent depuis l’atelier, et je lui adressa un sourire avant de retourner vers les abords du village.
La nuit s’épaissit et, à partir de ce jour-là,
Buk Hyang-hwa et moi nous rapprochâmes un peu.
***
Quelques jours plus tard.
Boum, boum, boum, boum !
Buk Hyang-hwa sortit quatre totems.
— Ce sont des artefacts protecteurs conçus pour durer environ deux ans. Si vous les installez aux quatre coins du village, les créatures venimeuses ne pourront pas entrer.
— M-merci, Immortelle !
Dès que les totems de Buk Hyang-hwa furent placés aux quatre angles du village, ils émirent une lueur et formèrent une barrière couvrant l’enceinte.
Peu après, la barrière scintilla et devint transparente ; les totems eux aussi brillèrent d’une transparence telle qu’ils devinrent invisibles.
— Au cas où des clans de cultivateurs viendraient et repéreraient les artefacts, j’ai ajouté une fonction de dissimulation pour éviter les ennuis.
— C’est une bonne idée.
J’acquiesça, et, le lendemain, après avoir confirmé que les créatures ne pouvaient plus franchir correctement la barrière, nous décidons de repartir.
— Comment pourrons-nous jamais vous rendre une telle bonté, Immortels…
— Ce n’est rien. Et…
Je pensa un instant au livre de folklore de la fillette du village, puis secoua la tête.
‘Il vaudra mieux revenir et la convaincre quand elle sera plus grande.’
— …Nous avons aussi passé un bon moment au festival.
— Ce fut un honneur.
Après les adieux, sous les vœux des villageois, nous montons sur l’artefact volant et reprenons notre essor.
Nous traversons les reliefs montagneux, gagnant la capitale animée de Shengzi.
Nos pérégrinations nous menèrent aux frontières entre Shengzi et Yanguo, puis au cœur de la capitale de Yanguo.
Nous explorons la myriade de lieux disséminés à travers Yanguo et finissons par nous retrouver dans l’ouest de Byeokra, parmi bien d’autres endroits.
Buk Hyang-hwa et moi visitâmes maints sites, et je lui fis découvrir des cultures singulières.
Yanguo était particulièrement chaotique en raison du récent changement de dynastie, mais Buk Hyang-hwa semblait apprécier son atmosphère particulière.
Ainsi, nous retournâmes dans la partie orientale de Byeokra,
à la Cité de Cheon-saek.
C’était un retour après environ quatre mois.
— Je suis vraiment désolé pour ce qui s’est passé.
À la ville de Cheon-saek, Cheongmun Jung-jin et Cheongmun Ryeong nous attendaient.
— Quand le réseau de téléportation s’est réactivé, il a émis une lumière rouge ; nous n’avons pas osé y entrer.
Depuis, nous avons prié pour vos âmes, pensant que vous aviez péri, et nous sommes repartis vers l’ouest jusqu’à la ville de Cheon-saek…
Cheongmun Ryeong reprit les mots de Cheongmun Jung-jin.
— Heureusement, votre père, Cultivatrice Buk, a confirmé votre survie et attendait.
Buk Joong-ho parla en serrant un collier-bague autour de son cou.
— Tant que Hyang-hwa est en vie, cette bague reliée à son norigae brille ainsi.
Wouuung !
Un côté de la bague luit vivement.
— …Quoi qu’il en soit, je suis soulagé que vous deux, Daoïste Seo et vous, soyez rentrés sains et saufs. Nous étions inquiets, nous voilà rassurés.
— Hmm… De toute façon, comme c’est ma négligence en tant que chef de clan qui vous a menés au danger, je vous dédommagerai plus tard.
Buk Hyang-hwa rit et accepta les excuses de Cheongmun Jung-jin et Cheongmun Ryeong.
— Ce n’est pas grave. Grâce à cela, j’ai vu le Bout du Monde et j’ai voyagé en divers lieux, et je me suis rapprochée de Daoïste Seo.
— Je n’ai pas de griefs non plus. Heureusement, j’ai pu survivre grâce à une technique cachée que j’avais conservée. Puisque je suis en vie, je ne m’appesantirai pas sur le passé.
J’accepta aussi ses excuses et refusa l’indemnité.
Cependant, Cheongmun Jung-jin parla plus gravement :
— Ne pas s’appesantir ? Le passé ne disparaît pas. Puisque j’ai bel et bien commis une erreur, si vous refusez le dédommagement, convenons que nous exaucerons un vœu pour vous deux dès que possible.
— Oui, faisons ainsi.
— Je n’y verrai pas d’objection si le chef de clan y tient.
Buk Hyang-hwa et moi hochons la tête, obtenant une faveur de Cheongmun Jung-jin.
Après s’être excusé encore, Cheongmun Jung-jin repartit vers la demeure principale du Clan Cheongmun pour affaires de clan.
— Maintenant, reprenons la recherche sur les formations… du moins, c’est ce que j’aimerais dire…
Cheongmun Ryeong jetta un regard à Buk Hyang-hwa et dit :
— D’abord, il semble que vous ayez besoin de repos après le voyage ; commençons nos recherches dans trois jours.
— Entendu.
— Oui !
Elle parla avec Buk Joong-ho, déballa, et déversa les artefacts qu’elle avait fabriqués durant le périple, ainsi que ceux achetés à Shengzi et Yanguo, dans les échoppes d’artefacts.
Je tissa un simple sort d’obfuscation de perception sur les remparts de Cheon-saek City, grimpa, et contempla le désert sans fin au loin.
À Yanguo, “ville” désignait une sorte de système administratif et la région alentour ; à Byeokra, une “ville” n’était qu’une ville, et la ville de Cheon-saek ne renvoyait qu’à celle-ci.
Je me perdis dans mes pensées, sentant l’effervescence de cette petite cité et l’immense énergie spirituelle qui émanait du désert devant moi.
— Durant ces quatre derniers mois…
Honnêtement, ce fut plaisant.
Et, en même temps, j’ai l’impression de comprendre pourquoi Kim Young-hoon, dans ma vie précédente, m’a dit de vivre correctement.
‘Mon esprit est apaisé.’
Je ne m’en étais pas rendu compte avant de me rapprocher de Buk Hyang-hwa.
Au cours de ce voyage, en me rapprochant d’elle, j’ai découvert qu’être à ses côtés détendait grandement mon cœur.
C’était comme une échappée fugace à la pression muette qui me tenait étroitement ligoté.
Mais je maîtrise mes émotions.
‘Je ne peux pas aller plus loin que ça.’
Me séparer des disciples, des maîtres, des amis, et d’innombrables Kim Young-hoon.
La douleur et l’agonie que j’ai traversées.
Si l’amour entre un homme et une femme nous liait, combien plus grande serait la souffrance de la séparation ?
Il n’y a pas d’amour entre amis.
Donc, aussi proches soyons-nous, je peux enfouir cette douleur et, d’une manière ou d’une autre, continuer à avancer.
Mais si mes sentiments s’approfondissent davantage, jusqu’à l’amour, il se peut que je ne puisse plus avancer.
Dans le pire des cas, mon esprit pourrait même s’effondrer.
‘Je ne peux pas laisser cela arriver.’
Laissons intacts les heureux souvenirs de ces quatre mois.
Veillons à ce que ces souvenirs ne franchissent pas la ligne vers des émotions plus dangereuses.
Au moment où je me décidai—
Whoooosh !
Le soleil couchant était visible depuis la ville de Cheon-saek, et une aura spirituelle familière se posa derrière moi.
C’était Buk Joong-ho.
Il avait gravi le bout du rempart et s’assit à côté de moi.
— Alors, ce voyage avec la jeune demoiselle vous a plu ?
— La nature lumineuse de Mademoiselle Buk l’a rendu loin d’être ennuyeux.
— Ha ha, je suis heureux qu’il ait été agréable.
Il me lança soudain un regard lourd de sens.
— Au fait, j’ai noté un changement dans la manière dont vous vous appelez… La jeune demoiselle vous dit “Daoïste” au lieu de “Cultivateur”.
— Ah…
— Et votre façon de l’appeler a aussi légèrement changé.
Je toussota légèrement et dis :
— Rassurez-vous, je n’ai pour Mademoiselle Buk aucun sentiment au-delà de l’amitié. D’ailleurs, j’ai entendu dire qu’elle a un partenaire destiné, choisi par sa mère.
— Ah, ça ?
Buk Joong-ho ricana et regarda le soleil couchant.
L’astre descendait au-delà de l’horizon.
— Comment savoir si la personne qui doit la retrouver sera un homme ou une femme ? Si c’est une femme, elles pourront simplement devenir sœurs de serment, non ?
— Ha ha, alors il y a cinquante pour cent de chances que ce soit un partenaire destiné. Je devrais me montrer prudent, non ?
— Cinquante pour cent, hein ? Vous n’avez donc pas envisagé qu’il se peut qu’elle ne vienne pas du tout ?
— Hein… ?
Buk Joong-ho sourit amèrement.
— La jeune demoiselle attend parce que c’est le dernier vœu de sa mère, mais que sait-on de l’autre côté ? Peut-être ne tiendront-ils pas la promesse avec autant de sérieux.
— Même ainsi…
— Pour parler franchement.
Le soleil glissa sous l’horizon, et le ciel se teinta de pourpre.
Les alentours commencèrent à s’assombrir.
— Il n’y a pas de partenaire destiné pour ma fille.
— Pardon ?
— Mon collier-bague est relié à deux norigae magiques. L’un appartient à ma fille. Si le propriétaire de l’artefact est en vie, l’autre côté de la bague… Regardez.
Il me tendit le collier-bague qu’il portait.
— Quand la jeune demoiselle avait onze ans, quelques années après la mort de sa mère, soit il y a environ onze ans, la lumière de l’autre côté de la bague s’est éteinte.
Son partenaire destiné ? Il n’y en a pas. Il est mort. Accident, soudaineté, homicide ou suicide…
dit-il avec un sourire amer.
— Si le propriétaire change, il devrait y avoir un signe ; le fait que, des années durant, il n’y ait eu aucune lueur signifie qu’il est hautement probable que l’autre personne soit morte, seule, en terre étrangère.
— ……
— La jeune demoiselle le sait déjà. Le norigae est lié à la paire dès l’origine, elle a donc dû le savoir depuis longtemps.
Elle… utilise simplement le dernier souhait de sa mère comme prétexte, et ne quitte pas cette ville pour revivre ses souvenirs avec elle.
Buk Joong-ho poursuit, en me regardant.
— Je m’enorgueillis d’avoir un bon jugement sur les gens. C’est pourquoi j’ai accepté le pari proposé par ce gamin Byeok Mun-seong la dernière fois.
Je me rappellai le cultivateur de l’Édification du Qi du clan Byeok.
‘Il était plein d’intentions impures…’
Mais j’avala la pensée qui me vient et choisis de me taire.
— À mon avis, vous avez l’air d’un homme plutôt correct. Honnêtement, vous faites meilleure impression que le type du clan Byeok. Et vous, n’avez-vous aucun sentiment pour la jeune demoiselle ?
— ……
Je garda le silence un moment, puis souris avec amertume.
— Je vous prie de m’excuser, mais je n’ai pour Mademoiselle Buk aucun sentiment dépassant l’amitié.
— Hmm…
Après m’avoir considéré un instant, Buk Joong-ho se leva et époussetta ses vêtements.
— Mon jugement est généralement juste. Je garderai l’œil ouvert.
Whoooosh !
Il redescendit du rempart, et je tourna la tête.
Les lumières de divers quartiers de Cheon-saek City s’étaient allumées, illuminant la cité tout entière.
Je la contempla sans fin.
Le lendemain.
Buk Hyang-hwa fut enlevée.
— Ceci…
Le visage de Buk Joong-ho se tordit de colère.
Il se rendi auprès de Cheongmun Ryeong, brandissant le collier-bague aux reflets rouge-flamme.
— Hyang-hwa envoie un signal de détresse en ce moment ! Aidez-nous, je vous en prie !
— Un signal de détresse ?
— C’est un signal utilisé uniquement en cas d’enlèvement…
En entendant ces mots, le visage de Cheongmun Ryeong se crispe également.
— Quelle audace… Enlever une cultivatrice travaillant avec le Clan Cheongmun, c’est fouler au pied notre autorité !
Cheongmun Ryeong se dressa, indigné.
Je fronça les sourcils et me leva à mon tour.
— Expliquez-nous ce qui s’est passé, je vous prie.
Buk Joong-ho détailla peu à peu la situation.
À son réveil, le matin, la chambre de Buk Hyang-hwa était vide.
La pièce était inutilement sens dessus dessous, et l’on voyait des traces d’un démantèlement soigné de la formation de la veille. À présent, un signal de détresse était émis via la bague reliée au norigae.
— Qui a pu l’enlever subitement ?
J’affûta mes sens.
— D’abord, conduisez-moi à la chambre de Mademoiselle Buk.
En état d’aiguisement démoniaque des sens, je décida de remonter le flux d’énergie spirituelle.
Whoooosh !
Au milieu du désert.
Un artefact volant, en forme d’épée, filait à vive allure.
Dessus, Byeok Mun-seong fendait la tempête de sable, un grand sac jeté sur l’épaule.
— Restez tranquille, Demoiselle Hyang-hwa. Vous avez beau vous débattre, vous avez été enlevée dans le cadre de mon plan, préparé ces quatre derniers mois. J’ignore où vous étiez, mais grâce à vous, j’ai eu tout le temps de préparer et d’exécuter l’opération rapidement et discrètement.
dit-il avec un sourire confiant à Buk Hyang-hwa, qui s’agitait dans le sac.
— Surtout que j’ai répandu la Subtile Fragrance Cachée : sans bêtes démoniaques pisteuses spécialisées, ils ne pourront pas nous suivre. Ces bêtes-là, c’est aussi le domaine de mon clan Byeok.
J’ai parlé à l’aîné qui s’en charge : pour les sept semaines à venir, aucune bête démoniaque ne sera trouvée sur aucun marché de Byeokra, alors renoncez.
Frouille, frouille…
Pourtant, les remuements dans le sac ne cessaient pas.
Byeok Mun-seong regarda vers le sud, un rictus aux lèvres.
— D’abord, nous gagnerons Yanguo grâce à un navire préparé sur la côte sud. Après quelques mois à Yanguo, nous irons sur le territoire du clan Byeok.
En attendant, il est dans votre intérêt de m’obéir. Je peux maximiser votre potentiel comme l’a fait le Seigneur Fou ; au final, ce ne sera pas si mauvais pour vous.
Ha ha, cessez de gigoter. Même en tant que cultivatrice, les mains et les pieds liés, avec votre force spirituelle scellée, vous ne pouvez pas grand-chose…
Crac…
— Hmm… ?
Swoooosh !
Surpris, Byeok Mun-seong se retourna.
Le sac qu’il portait s’était fendu, et Buk Hyang-hwa en jaillit, tomba, puis se réceptionna plus bas.
— Q-quoi… !
Fouff !
Buk Hyang-hwa usa d’un sort pour atterrir sans danger sur le sable et toisa Byeok Mun-seong.
— Je n’aurais jamais cru que vous, Seigneur Byeok, recourriez à de si basses manœuvres.
‘Ah, non… ! Je lui ai attaché mains et pieds et même apposé un sceau pour bloquer sa force spirituelle…’
Buk Hyang-hwa leva la main.
Un petit pantin en forme de scarabée s’y tenait.
Le scarabée s’apprêtait à avaler un morceau de talisman ressemblant à un fragment de sceau.
— Je l’ai fait en m’inspirant des marionnettes du Senior Seigneur Fou, et c’est bien commode.
— Ah, non… Vous avez fait ça alors que vous étiez ligotée ? Tous ces remuements, c’était en réalité vous fabriquant une marionnette avec des copeaux de bois… ?
Un instant, Byeok Mun-seong paniqua, puis rit.
— En effet, la Demoiselle Hyang-hwa est impressionnante. Je suis d’autant plus curieux de voir ce qu’il adviendra lorsque votre potentiel éclora. Faites-moi confiance, Demoiselle Hyang-hwa ! J’ai vraiment un moyen d’éveiller votre potentiel, comme l’a fait le Seigneur Fou !
— Si vous étiez venu respectueusement m’en parler, je vous aurais écouté, mais une telle grossièreté est intolérable.
Buk Hyang-hwa lança un regard glacé à Byeok Mun-seong et tripota sa boucle d’oreille.
La boucle d’oreille émit une lueur et recracha un dispositif de stockage.
Le visage de Byeok Mun-seong se crispa.
— Ha, un dispositif de stockage… Mais quelques artefacts ne combleront pas l’écart de puissance entre l’Édification du Qi et le Raffinement du Qi…
Puis, quand Buk Hyang-hwa ouvrit le dispositif, des dizaines, des centaines d’artefacts de lames volantes jaillirent et se fichèrent tout autour.
Boum, boum, boum, boum !
Fouff !
Dès que Buk Hyang-hwa y insuffla son souffle, les centaines de lames volantes brillèrent et se soulevèrent.
— Fichtre… !
Le visage de Byeok Mun-seong pâlit.
— Si vous continuez de résister, je n’aurai d’autre choix que de vous prendre par la force !
— Cessez vos balivernes… Ah !
Au moment où Byeok Mun-seong s’apprêtait à concentrer sa Force Spirituelle Pure—
— Hmm !
Byeok Mun-seong et Buk Hyang-hwa tournèrent simultanément le regard dans une même direction.
Rumble, rumble, rumble !
Quelque chose d’incolore soulevait une tempête de sable et fonçait vers eux.
Au centre de la bourrasque, une silhouette vacilla.
Byeok Mun-seong fronça les sourcils.
— Nom d’un… Qui nous poursuit déjà ? Comment nous ont-ils trouvés ? Sans bête pisteuse, c’est impossible…
Il tira une épée volante de son dispositif de stockage et hurla vers la silhouette au cœur de la tempête.
— Venez, venez voir ! On m’appelait jadis le génie de l’épée du clan Byeok…
Whoosh, boum !
Une lumière d’épée incolore rasa Byeok Mun-seong, creusant une immense vallée dans le désert et provoquant l’explosion d’une dune au loin.
Kugugugugu !
Le sol trembla et les tourbillons de sable s’éparpillèrent en tous sens.
Le visage de Byeok Mun-seong devint livide.
— Serait-ce… serait-ce un aîné de la Formation du Noyau… ?
— Ah… !
À l’inverse, Buk Hyang-hwa reconnut le propriétaire de cette lueur d’épée, et son visage s’éclaira un instant.
Et, dans ce bref instant de distraction—
— D-Demoiselle Hyang-hwa, nous devons fuir !
— Quoi… Lâchez-moi !
La face blanche comme un linge, Byeok Mun-seong s’élança vers Buk Hyang-hwa, la hissa et bondit sur l’artefact-épée volant.
— Attendez un instant !
— Demoiselle Hyang-hwa, ce n’est pas l’heure de nous quereller. Un aîné de la Formation du Noyau est en fureur ! Fuir est notre seule chance de survie !
— Non…
Zoum !
Byeok Mun-seong fila vers le ciel, en fuite.
Alors que Buk Hyang-hwa enchaînait des mudrās, d’innombrables lames volantes fichées dans le sable se soulevèrent pour les poursuivre, mais elles ne purent rivaliser avec la vitesse de Byeok Mun-seong propulsant l’artefact par sa Force Spirituelle Pure.
Le propriétaire de la lueur d’épée qui avait soulevé la tempête en les pourchassant, Seo Eun-hyun, les regarda avec une expression incrédule.
— Ce type met tout le monde dans l’embarras.
Il se remémora, avec un rire creux, ce que lui avait dit la veille Buk Joong-ho.
— Cultivateur Buk, votre jugement des gens me semble un peu à côté. Penser que vous l’appréciiez, celui-là…
Seo Eun-hyun prit appui sur le sol et partit à la poursuite de Byeok Mun-seong avec son Épée Sans-Forme.
— Hi, hiiik ! Senior ! Je ne sais pas ce qui se passe, mais par pitié, épargnez-moi !
Incapable de reconnaître le visage de Seo Eun-hyun, brouillé par la tempête de sable, Byeok Mun-seong hurla et s’enfuit, tandis que Seo Eun-hyun poursuivait en silence.
Ainsi commença la chasse dans le désert.
— Cesse de m’agacer… Arrête-toi là… !
Boum, fracas !
Encore une fois, Seo Eun-hyun abaissa l’Épée Sans-Forme.
Une autre vallée apparut dans le désert, et Byeok Mun-seong, terrifié, versa toute sa Force Spirituelle Pure dans l’artefact-épée.
Devant le désastre causé par l’énigmatique cultivateur de la Formation du Noyau qui le traquait, Byeok Mun-seong haléta.
— Un monstre. Un cultivateur de la Formation du Noyau, semblable à un monstre, me poursuit, furieux… ! Si je ne fuis pas plus vite, je vais mourir… !
Kugugu Kugugu Kugugugugu !
Et Byeok Mun-seong sentit l’« énigmatique aîné de la Formation du Noyau » rassembler sa puissance.
— J… je vais mourir… !
Quelque chose de transparent, qui fendait l’air, vola droit sur lui.
